Ce 14 mai 2019, s’est retrouvée au bar de l’Hôtel Cour du Corbeau, l’Union des Communicants et des Marketeurs du Grand Est autour d’un afterwork sur le thème « Le marketing éthique dans le web ». Luc Haberkorn, directeur du digital chez Wolf Lingerie et Stéphanie Schussler, chef de groupe et experte en marketing dans le secteur de la lingerie chez Wolf Lingerie, ont animé cet afterwork autour de deux parties, la première concernant les grandes lignes du marketing éthique dans le numérique et la deuxième, concernant l’éthique dans le secteur de la lingerie.

 

CONSTATS GÉNÉRAUX SUR LE WEB

  1. Des doutes grandissants des citoyens face aux réseaux sociaux
  2. Amplification des pratiques non éthiques sur la toile
  3. Une éthique qui devrait être pensée avant les avancées technologiques
  4. Un développement massif de chartes éthiques

SOLUTIONS

  1. Une éthique de l’usage

Grâce à une charte éthique réalisée par les internautes « La nétiquette » : cette charte est relative aux règles de savoir-vivre, de civilité sur internet concernant notamment les débats en ligne, sur les forums et blogs: ce sont des règles de bon sens, de bienséance sur le net (respecter la parole de l’autre, pas d’insultes, ne pas écrire en majuscules car cela peut être perçu comme une agression…).

  1. Une éthique de l’attention

Le numérique a un lien très fort avec la connexion, nous sommes tous ultra connectés…

Donc de nos jours, la déconnexion devient un luxe.

  1. Le design éthique

Ce sont des services et produits conçus en prenant en compte le respect de la vie privée, l’environnement et l’accessibilité. Il ne s’agit pas de se passer des apports technologiques acquis ou en plein essor comme l’intelligence artificielle. L’enjeu est de replacer l’Homme au cœur de l’innovation numérique et respecter son libre-arbitre. »

A la fin de cette première partie, nous avons discuté de pistes concernant le marketing éthique dans le web. Nous avons évoqué le fait que l’Homme se crée des besoins dont il n’a pas l’utilité, par exemple, la livraison Amazon en 24h. A-t-on vraiment besoin de recevoir un objet sous 24h ou est-ce juste une solution de facilité inhérente à notre société de “tout, tout de suite” ?

Toutes ces réflexions nous amènent à nous demander mènent à se demander à quoi va ressembler le futur, quel sera le modèle de notre société. Mais, comme l’a dit Luc Haberkorn, une chose est à retenir sur internet : « Ce que vous ne feriez pas lors d’une conversation réelle face à votre correspondant, ne prenez pas l’Internet comme un bouclier pour le faire. »

Puis, Stéphanie Schussler a pris la parole autour d’un exemple qu’elle connait bien, le secteur de la lingerie.

CONSTATS DE L’INDUSTRIE DU TEXTILE

– 46 soutiens-gorges sont produits à la seconde dans le monde

– 10% du budget mondial de CO2 par l’industrie textile

– L’industrie textile est la 2ème industrie la plus polluante au monde

– Budget de 24% de CO2 chez Wolf Lingerie

– 20% des textiles sont recyclés en France, contre -1% dans le monde

 

La lingerie se retrouve donc face à 3 gros enjeux dans leur démarche éthique :

Enjeux environnementaux : procédés utilisés pour les peintures, production de coton…

Enjeux sur la santé : matières contenant des substances nocives pour la santé telles que les pesticides, les colorants allergisants, les métaux lourds ou encore les perturbateurs endocriniens

Enjeux sociaux : conditions de travail des ouvriers, travail des enfants

Une question s’est rapidement soulevée : comment entrer dans une démarche éthique et conserver des produits à prix accessibles ?

Un parallèle avec l’agro-alimentaire a été fait concernant le bio, monté en puissance depuis quelques années dans les rayons des supermarchés mais au départ, plus cher que les produits non bio. les prix se réguleront en fonction de la demande à terme. Si la demande est faible, il est normal que le prix soit plus élevé, mais si la demande est élevée, le prix aura tendance à baisser et ces produits dits « rares » deviendront des produits de consommation quotidiens. Il est vrai qu’en lingerie, ce problème est un peu plus complexe.

Stéphanie Schussler nous a donc expliqué comment la marque Wolf Lingerie gérait ces enjeux à travers une démarche bien particulière se divisant en 3 points :

Oeko-Tex et GOTS : Oeko-tex concerne l’aspect santé (règles mondiales), c’est un label international qui n’est valable que si la démarche est respectée à tout niveau de la chaîne, de la production à la commercialisation. GOTS concerne l’aspect environnemental et le développement durable.

Recycled Fabrics Swim : collection de 2021 concernant le monde du bain, partenariat avec Fenk pour la mettre en place.

Organic briefs projects : utilisation de produits bio organiques, mais vu que le bio résonne comme une forte consommation en eau, une question sur l’optimisation se pose.

 

CONCLUSION

En conclusion, cet afterwork nous a permis d’échanger autour du web et de ses enjeux éthiques, ce qui s’inscrit totalement dans le domaine du marketing et de la communication, en confrontant nos divers points de vue sur le sujet. De plus, la parallèle avec la lingerie était très enrichissant puisque l’on ne pense pas directement au textile lorsque l’on pense à la démarche éthique.

Que ce soit sur le web ou dans l’industrie textile, et notamment la lingerie, il y a encore du chemin à faire pour voir l’éthique dominer le monde de la consommation mais il faut bien commencer quelque part, comme Wolf Lingerie.

Merci à Luc Haberkorn et à Stéphanie Schussler pour l’animation de cet afterwork !